quand on voit cette photo, c'est vrai qu'a la naissance ces soit disant chiens mordeurs ont vraiment la gueule de tueur d'enfant... pffff une grosse connerie oui !
Chiens dangereux ou l'histoire d'une totale méconnaissance du dossier !
La SPA, touchée par les derniers accidents dramatiques survenus après des morsures de chiens, n'a de cesse de rappeler depuis de nombreux mois l'urgence d'une politique volontariste et globale sur l'animal de compagnie.
Les textes existent et, pour la plupart, ne sont pas appliqués.
Ces derniers mois, le Gouvernement a souhaité légiférer dans la hâte et la précipitation, en méconnaissance TOTALE du problème !
La législation issue de la loi du 6 janvier 1999
Un texte sur les chiens dangereux avait déjà été adopté en janvier 1999, alors que les chiens d'attaque se multipliaient sur le territoire français. Cette loi, qui a permis de réduire fortement le nombre des animaux les plus dangereux, montre aujourd'hui ses limites. De nouvelles dispositions ont été adoptées en mars 2007 au sein de la « loi relative à la prévention de la délinquance".
En France, les animaux susceptibles d'être dangereux sont toujours classés en deux catégories :
1ère catégorie : elle regroupe les chiens d'attaque dont le maître ne peut retracer l'origine par un document généalogique, par exemple les Pitbulls, les chiens assimilables aux chiens de race Mastiff et les chiens d'apparence Tosa-Inu. Pour ces chiens, la réglementation prévoit :
Des interdictions : acquisition ; cession ; introduction sur le territoire français ; accès aux transports en commun, aux lieux publics, aux locaux ouverts au public ; stationnement dans les parties communes des immeubles collectifs.
Des obligations : circulation des chiens muselés et tenus en laisse ; stérilisation ; déclaration en mairie; vaccination contre la rage ; assurance responsabilité civile.
2ème catégorie : elle regroupe les chiens de garde ou de défense inscrits au livre des origines françaises (LOF), par exemple American Staffordshire Terrier. Leur maître dispose de documents délivrés par la Société Centrale Canine (certificat de naissance et pedigree) attestant de l'origine du chien. Les Rottweiler et chiens d'apparence Rottweiler appartiennent à cette catégorie, même sans inscription au LOF. Pour ces chiens, la réglementation prévoit:
Des interdictions : stationnement dans les parties communes des immeubles collectifs.
Des obligations : déclaration en mairie et production des certificats de vaccination et d'une assurance responsabilité civile ; circulation des chiens muselés et tenus en laisse.
Important : Qu'ils soient de première ou de deuxième catégorie, ces chiens ne peuvent être détenus ni par des personnes mineures, ni par des majeures sous tutelle, ni par des personnes ayant été condamnées pour crime ou violence, ni enfin par des personnes auxquelles on a déjà retiré la garde d'un chien jugé dangereux.
Le Plus Important : Les Pittbulls, chiens emblématiques de la première catégorie, ne constituent pas une race, mais un « type morphologique ». Ils résultent, généralement, du croisement entre un American staffordshire et un labrador, ou un labrador et un boxer ou d'autres croisements. Et c'est justement là que le bas blesse et qu'il montre l'impossibilité de parvenir à une extinction de ce type de chiens ! Or, le croisement d'un labrador et d'un boxer peut donne un chiot qui a les caractéristiques morphologiques du pittbull, mais qui ne présente, bien évidemment pas plus de danger que n'importe quelle autre race ou croisement.
C'est si simple à comprendre pourtant !
Le chien ne nait pas méchant, il le devient en raison de plusieurs facteurs : sevrage trop rapide, mauvaise éducation, mauvaise définition de sa place au sein de la hiérarchie familiale.
Notre conseil : Fuyez les Animaleries et les petites annonces de ventes d'animaux !
Le chien n'est ni une plante verte, ni un produit fini. Il demande temps, attention, patience, éducation et tendresse !
Le processus législatif actuellement en cours
La SPA n'a eu de cesse de contacter Gouvernement, sénateurs et députés depuis 3 mois. Nous avons malheureusement été bien peu écoutés. Mais il n'y a pas que nous ! Tous les professionnels du secteur canin (vétérinaires, éleveurs, éducateurs, comportementalistes, associations de protection animale...) ont rappelé l'ineptie de la catégorisation des chiens en dangereux/ pas dangereux en fonction de leur race.
La SPA a fait part de ses remarques, réflexions et propositions pour aboutir à un texte efficace, cohérent et applicable. La réflexion que nous proposions de mettre en œuvre s'articulait autours de mesures concrètes, préventives et informatives.
La SPA regrette qu'aucun constat de départ n'ait été réalisé. Plusieurs questions auraient du être posées et renseignées :
- Quelle est la situation du commerce de l'animal de compagnie aujourd'hui en France ? Qui commercialise, qui achète ? Quelle est l'étendue des contrôles effectués ?
- Dans quelles conditions se sont déroulés les accidents par morsures ?
- Qu'en est-il de la formation de ceux qui ont ou souhaitent acquérir un animal ?
- Surtout, qu'est-ce qu'un «chien dangereux» ?
- Combien de morsures chaque année, dans quelles circonstances sont-elles intervenues? Il n'y a aucun chiffre officiel. La fourchette invoquée fréquemment fait état de 350.00 à 500.000 morsures par an.
Sur ce dernier point, la SPA tient à souligner qu'il n'existe pas de prédisposition génétique à l'agressivité chez certaines races de chiens. C'est là une erreur fondamentale que faire dépendre l'agressivité d'un animal par rapport à sa race. Tous les spécialistes s'accordent sur ce point.
A titre d'exemple, l'office vétérinaire fédéral Suisse s'est prononcé en ce sens, en affirmant que « des études scientifiques ont prouvé qu'il n'était pas possible d'attribuer de manière univoque une fréquence élevée de blessures par morsure à certaines catégories de chiens ».
L'intitulé du projet de loi, tel que présenté par le gouvernement, évoque les chiens dangereux, or il n'existe aujourd'hui aucune définition permettant de déterminer les caractéristiques d'un chien dangereux. N'était-ce pas là un préalable obligatoire ?
Comment expliquer aux propriétaires de ces chiens, électeurs de surcroit, qu'en période de prise de conscience sur les questions écologiques et environnementales, le Gouvernement souhaite tuer des animaux, sous le seul prétexte qu'ils sont nés Pitbulls ou Rottweilers ? Qui le comprendra ? Assurément pas les millions de Français qui aiment les animaux et qui seront appelés aux urnes dans les prochains mois.
En conséquence, la SPA propose comme cadre de réflexion :
- La formation des propriétaires de chiens, qui du fait d'un comportement suspect, pourraient présenter un danger,
- L'interdiction pour les particuliers de commercialiser les animaux domestiques
- La formation, l'éducation et l'éventuelle pénalisation des propriétaires, lorsque le chien est utilisé à des fins non-conformes à leur destination d'animal domestique,
- Un meilleur contrôle des structures d'élevage et des importations d'animaux de compagnie.
- Une campagne de communication à destination du grand public, initiée par les Ministères de l'Agriculture et de l'Intérieur en partenariat avec des acteurs de la filière canine tel que la SPA
- Une campagne de sensibilisation dans les écoles
Le Gouvernement et les Parlementaires avaient toutes les cartes en mains pur élaborer un texte efficace. Ils en ont décidé autrement et ce sont, une nouvelle fois, les chiens et les associations de protection animale qui paieront un lourd tribu : la mort pour les premiers, la saturation pour les secondes.
A une époque où chacun s'accorde sur la place de l'animal au sein de la société et de la famille, ou chacun prône le nécessaire respect du vivant, que penser de ces dispositions qui stigmatisent certaines races de chiens, qui font du chien un redoutable prédateur, qui ne font aucune place aux contrôles des élevages ou des importations, mais surtout qui prévoit la mort d'un animal qui n'a encore pas montré le moindre signe d'agressivité ?
L'ensemble des dispositions mettra encore plus - est-ce possible- en difficulté les refuges des associations de protection animale, qui seules et sans subvention de l'Etat gèrent le quotidien de la misère animale et de l'abandon. En outre, les propriétaires d'animaux stigmatisés, n'ont de solution que de les exclure de toute vie sociale. Les conséquences vont à l'encontre du but recherché par ce projet de loi. En effet, ces animaux, qui en l'absence de contact avec leur congénères et l'humain, peuvent présenter par la suite un danger potentiel.
Le bon sens dictait la démarche de la SPA. Aujourd'hui les Pitbulls, Rottweiler et autres « molosses », demain d'autres, et après-demain ? Il y a 8 millions de chiens en France, soit 10 à 15 millions de personnes qui vivent à leur contact, les aiment et s'en occupent, pour la plupart, correctement.